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Thierry Hiriart et ses quelque 200 manex tête noire ont subi plusieurs attaques ces dernières années. © Crédit photo : Bertrand Lapègue
Les attaques mortelles contre des brebis se multiplient dans la région d’Espelette. Les chiens de randonneurs non tenus en laisse sont dans le collimateur des éleveurs. Ils ne sont pas les seuls responsables.
La plupart du temps, les secours arrivent trop tard. Le mal est fait. Même tableau chaotique : un troupeau éparpillé, des touffes de laine disséminées sur le champ de bataille, des brebis repeintes à l’encre rouge à hauteur du cou ou de la cuisse. Des cadavres. Du traumatisme. Parfois, le ou les coupables traînent encore dans les parages. Du sang plein la gueule. « On en a vu se laver à la rivière avant de rentrer chez eux », se désole Thierry Hiriart, éleveur de manex à Espelette et dernier en date touché par la saignée.
Dans la cité du piment, épicentre du phénomène, d’étonnantes et violentes attaques sur les troupeaux ovins se multiplient depuis plusieurs mois. Ici, à l’entrée du Pays basque intérieur, contrairement à la région plus reculée de Lantabat, où le loup avait un temps été accusé cet été avant d’être – officiellement – mis hors de cause, le prédateur est clairement identifié. Il s’agit de son lointain cousin domestiqué. Enfin, domestiqué… C’est bien tout le problème, qui irrite à l’extrême les paysans locaux.
Je me pose la question de savoir si je ne vais pas prendre un fusil pour protéger mon troupeau
Déconfinement anarchique
Face à la légèreté de ces chiens agresseurs et surtout de leurs maîtres, certains, sans solutions, vont jusqu’à vouloir se faire justice eux-mêmes. Thierry Hiriart met en joue : « Quand je vais voir mes brebis à la montagne, j’ai deux ustensiles : mon bâton pour marcher et mes jumelles. Je me pose la question de savoir si je ne vais pas en prendre un troisième, un fusil pour protéger mon troupeau. » Procédé extrême et ancestral qui peut aussi consister à abattre, arbitrairement, un individu canin jugé menaçant.
Au plus fort de la psychose généralisée en Basse-Navarre, des arrêtés municipaux avaient autorisé cette pratique. Des innocents avaient été exécutés. On n’en est pas là au pied du Mondarrain, mais la question est prise très au sérieux par le maire d’Espelette, Jean-Marie Iputcha, lui aussi excédé. Dans le collimateur de l’édile, comme des éleveurs, une minorité de ces randonneurs citadins, débarqués en masse à la sortie du confinement. Sur ce qui s’apparente désormais à l’autoroute de la promenade du dimanche.

Thierry Hiriart a dû euthanasier deux de ses manex tête noire après l’attaque des chiens. DR
Ces randonneurs doivent comprendre qu’ils n’arrivent pas en terrain conquis
Thierry Hiriart se souvient du jour de la libération. « C’était un truc de dingue, ils sautaient partout au milieu des brebis. » La délivrance serait restée bon enfant, si ne figuraient pas parmi ces déconfinés quelques promeneurs inconséquents, désireux de faire gambader leurs chiens sans laisse. « Ils ont cette croyance : ’Mon chien est inoffensif’. Mais ils ne l’ont jamais vu en montagne », résume Panpi Olaizola. L’éleveur d’Espelette a été l’un des premiers frappés de l’année 2022. En mai. Deux chiens, quatre brebis tuées.
Une police de la montagne
« Ces randonneurs doivent comprendre qu’ils n’arrivent pas en terrain conquis », tonne Jean-Marie Iputcha. Le maire, « 100 % aux côtés des éleveurs », rappelle que les chiens doivent être attachés en montagne. Des panneaux ont été ajoutés au départ des divers sentiers menant au Mondarrain. Depuis cet été et la constitution d’une police intercommunale regroupant six communes (Saint-Pée-sur-Nivelle, Ascain, Sare, Espelette, Ainhoa et Arbonne), deux agents tournent sur les hauteurs pour rappeler la règle.

Andoni Cazenave élève 250 manex tête rousse sur les flancs du Mondarrain à Itxassou. P. M.
Mais est-ce suffisant ? Les éleveurs qui s’essaient aussi à la prévention se heurtent à une nonchalance déconcertante : « La plupart des randonneurs comprennent, note quand même Andoni Cazenave, éleveur à Itxassou, visé pour la dernière fois début décembre (une brebis morte, une mal en point). Mais d’autres font semblant et certains nous demandent… pourquoi notre chien n’est pas attaché ! Mais on est là pour bosser nous ! » « On nous remballe souvent, peste Thierry Hiriart. ‘Vous cherchez la merde ou quoi ?’ »
Jean-Marie Iputcha veut croire que les choses évoluent positivement depuis l’arrivée des policiers : « Il ne faut pas crier victoire, mais on voit du mieux, beaucoup plus de chiens en laisse. » Les éleveurs affectés récemment sont plus pessimistes. Exhortant à une « cohabitation bergers-randonneurs » (Andoni Cazenave), ils ont partagé leurs expériences sur les réseaux. Histoire d’accélérer la prise de conscience. Si les incivilités continuent, les agents intercommunaux pourront aussi désormais verbaliser les contrevenants.
Saisonniers et chiens errants
La totalité des attaques de troupeaux ne cessera pas pour autant. Les randonneurs n’en sont pas la seule cause. « Il y a aussi les chiens des saisonniers et les chiens errants », complète Jean-Marie Iputcha. Le maire ezpeletar a été appelé il y a un mois pour un carnage survenu à Larressore. « Le chien d’un saisonnier d’Espelette, de l’entreprise Sabarots. » Il avait fait la peau à huit brebis et s’en léchait les babines. « Beaucoup de saisonniers viennent avec des chiens, moi je leur demande systématiquement de les attacher », tente d’anticiper Thierry Hiriart. Le sujet reste circonscrit à quelques attaques, mais la vigilance semble de mise.
En 2022
Mai Quatre brebis de Panpi Olaizola (sasi ardi) sont tuées à Espelette lors de l’attaque par deux chiens de randonneurs (deux brebis d’un voisin périssent également lors de l’attaque). 3 décembre Une brebis d’Andoni Cazenave est tuée (manex tête rousse), une autre sérieusement blessée, à Itxassou, lors de l’attaque par deux chiens de randonneurs. Mi-décembre Huit brebis d’un éleveur de Larressore sont tuées lors de l’attaque par un chien de saisonnier du piment d’Espelette (établissement Sabarots). 30 décembre Deux brebis de Thierry Hiriart (manex tête noire), sérieusement blessées lors de l’attaque à Espelette par deux chiens échappés d’une habitation de Souraïde, doivent être euthanasiées. Une autre est blessée.
Elle est encore plus accrue pour les chiens errants, échappés à leurs propriétaires ou tout simplement abandonnés en rase montagne, passée la mode du déconfinement. Ciblé par des chiens de randonneurs à plusieurs reprises ces dernières années, Thierry Hiriart a cette fois vu son troupeau pris en grippe par deux chiens égarés. C’était vendredi 30 décembre : « J’ai été alerté par quelqu’un qui entendait des aboiements dans une prairie où j’avais mon troupeau. Deux chiens s’acharnaient sur une brebis. »
Combat inégal. Et si difficile à prévenir. Il arrive quand même que le préjudice (1), au moins financier, puisse être réparé. Les photos des toutous fous ont été postées sur Facebook.
Le propriétaire souraidar dépassé par la fuite de ses chiens s’est dénoncé et a promis de faire ce qu’il fallait. La perte morale, elle, n’est jamais compensée : « Voir sa brebis dépecée, ça fait très mal au cœur… »
- Une brebis adulte vaut environ 130 euros. Des dédommagements par les assurances peuvent exister, mais sous certaines conditions.
Pierre Mailharin
sudouest.fr

La coopérative Lur Berri est également soutenue par la Région. Jean-Daniel Chopin
Usine du futur, lutte contre la cybercriminalité, agroécologie… La Région Nouvelle-Aquitaine a voté une série de subventions importantes en faveur d’actions structurantes ou innovantes du territoire
La commission permanente du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine s’est réunie ce 7 novembre pour voter ses subventions aux projets innovants du territoire. Plusieurs dossiers importants concernaient le Pays basque.
1 Innovation et productivité
Dans le cadre du projet « Usine du futur », un montant de 74 925 euros est accordé à Inox Pyrénées, basée à Larressore. À la clé, la possible création de cinq emplois. L’entreprise de chaudronnerie fine, attachée au monde de la cuisine, pilote une étude de marché sur le secteur de la cuisine extérieure, avec pour but de développer des meubles de convivialité pour plancha.
L’entreprise Baradat, d’Itxassou, touchera 121 671 euros. L’artisan charcutier traiteur entend augmenter sa capacité de production, tout en sécurisant le process. Deux créations d’emplois sont visées.
Dans l’escarcelle de la coopérative agricole Lur Berri, d’Aïcirits-Camou-Suhast, 306 000 euros. Il s’agit ici de soutenir un projet de recherche et développement concernant la transformation digitale des activités, pour mieux accompagner les agriculteurs dans la transition agroécologique tout en apportant des garanties aux acheteurs et consommateurs sur les enjeux sociétaux : bien-être animal, environnement, développement du territoire… Quatre emplois devraient en découler.
Le même nombre de création de postes est envisagé par Sitincloud, à Chéraute. La Région accorde 100 000 euros à cette société spécialisée dans les logiciels de lutte contre la cybercriminalité. Son objectif : assurer une protection maximale contre tout type de logiciel malveillant, connu ou non.
2 Hébergement inclusif
La Région vient aussi au soutien des bailleurs sociaux. Ainsi, Habitat Sud Atlantic touchera 150 000 euros. L’office public de l’habitat du Pays basque accompagne la commune d’Ostabat (200 habitants) dans la réalisation du projet Ostavals, qui entend mettre en valeur le patrimoine agricole et ses paysages, avec un centre de valorisation du paysage.
À proximité du centre est prévue la construction d’un foyer d’hébergement inclusif, géré par l’association Espace de vie pour adultes Handicapés (Evah) et Soliha 64 (Réseau associatif national de l’habitat privé à vocation sociale).
3 Santé et études
La Région attribue chaque année des subventions de fonctionnement aux organismes gestionnaires des instituts ou écoles de formation du milieu sanitaire et social, après analyse financière rigoureuse de leurs budgets. Ainsi, le Centre hospitalier de la Côte basque bénéficiera de 1,87 million d’euros dans ce cadre.
Notons enfin que l’hébergement des étudiants est lui aussi accompagné, avec 450 000 euros pour des rénovations de charpente, de toiture et de menuiseries au lycée polyvalent Biarritz Atlantique et à l’Union nationale du sport scolaire Pays basque.
sudouest.fr

La colère ne redescend pas au sujet du nouveau plan de circulation à Itxassou. © Crédit photo : P.-A. C.
Après la pétition signée par plus de 400 Itsasuars, c’est au tour des habitants d’un autre quartier, celui de Mokoxainea, d’interpeller le maire, Mikel Hiribarren. Son nouveau plan de circulation ne satisfait toujours pas. Il oblige tous les véhicules qui traversent la commune à faire de grands détours et la circulation explose.
Les mêmes récriminations apparaissent : manque de sécurité pour les piétons, les enfants, les animaux et les cyclistes. D’autres chemins, qui faisaient également le bonheur des personnes âgées, des enfants et des promeneurs, sont désertés. Dans un communiqué, les contestataires dénoncent alors une « solution facile » qui consiste à déplacer le problème de circulation du centre-bourg vers d’autres quartiers.
« Continuer le combat »
« Elle est complètement paradoxale puisque ces chemins sont plus fréquentés par les piétons et les cyclistes que le centre-bourg. On fait circuler des voitures là où il y a le plus de piétons », est-il écrit.
Depuis leur dernière rencontre à la mairie, les élus restent inflexibles : « Ils ne souhaitent pas modifier leur projet, donc nous avons décidé de continuer le combat. Nous allons rencontrer le commissaire enquêteur afin de lui transmettre tous les doléances. Notre position reste la même, ce plan doit être retiré pour retrouver un village apaisé. »
Pierre-Alexandre Carré
sudouest.fr

Le nouveau plan de circulation en sens unique décidé cet été par la mairie ne passe pas. © Crédit photo : PAC
Au milieu de l’été, Michel Hiribarren, le maire d’Itxassou, a pris un arrêté pour mettre en place un nouveau sens de circulation au centre-bourg. Or, cette décision est loin de faire l’unanimité et ce satisfecit municipal ne passe pas.
À ce jour, une pétition recueille même 401 signatures (soit 22 % du collège électoral du village). En effet, un grand nombre d’habitants sont surpris ou agacés par ce plan qui leur impose de circuler en sens unique. Dans un communiqué, les opposants indiquent qu’il n’y a eu aucune concertation avec les habitants et les commerçants et dénombrent plusieurs inconvénients.
Retrait pur et simple
D’une part, la multiplication des sens uniques oblige à de longs détours pour se déplacer à l’intérieur du village, notamment pour aller dans le quartier des écoles. Les conséquences sont donc plus de coûts, plus de pollution, et plus d’accidents probables dans des quartiers résidentiels. D’autre part, les riverains constatent une hausse manifeste de la vitesse sur ces voies passées en sens unique.
Enfin, de nombreux plots en plastique et des panneaux non conformes ajoutent la laideur au manque de lisibilité de la signalisation. Ils appellent donc au retrait pur et simple de ce plan de circulation, en attendant les réactions du sous-préfet et du maire pour trouver d’autres solutions.
Pierre-Alexandre Carré
sudouest.fr

Eñaut Echeverria et Baptiste Ducassou ont coiffé la boïna en Soule. © Crédit photo : C. D.
Eñaut Echeverria et Baptiste Ducassou ont survolé la finale de la classique Souletine, face deux Peio, Larralde et Guichandut (40-19)
Le Master de Soule, 6e étape du Pro tour, épreuve répertoriée parmi les tops 8 des tournois comptant pour le circuit Esku Pilota, a consacré Eñaut Echeverria et Baptiste Ducassou, dimanche à Garindein. Les deux pilotari, en état de grâce, ont survolé la finale face à Peio Larralde et Peio Guichandut (40-19).
Une victoire qui ne souffre d’aucune contestation tant les deux hommes ont dominé leurs adversaires. Hormis en tout début de rencontre (9-6), les battus n’ont jamais inquiété les futurs maîtres Souletins. Incontestablement, les deux Peio, Larralde de retour de blessure et Guichandut n’avaient pas totalement récupéré de leurs efforts consentis lors des demi-finales. En effet, ils avaient dû sérieusement s’employer pour écarter Mathieu Ospital et Andoni Iphar (40-31). Le tournoi étant disputé selon les règles internationales (sans le filet du fond et le Xilo), les longues séquences de jeu avaient été nombreuses vendredi soir.
Sanchez blessé
Eñaut Echeverria et Baptiste Ducassou avaient quant à eux bénéficié du retrait sur blessure de Luis Sanchez lequel évoluait avec Mickaël Darmendrail (15-11). L'arrière de Pampelune, touché au genou droit, a été contraint de quitter la kantxa vendredi. L’espagnol doit passer une IRM afin de connaître la nature exacte de la blessure. Le surpuissant Navarrais n’a pas voulu prendre le risque d’hypothéquer ses chances de participation au futur mondial, programmé à Biarritz (22-29 octobre). Sélectionné avec l’équipe d’Espagne, il fait figure de favori au même titre que le tenant du titre, Baptiste Ducassou pour la médaille d’or à main nue individuel.
En attendant l’échéance internationale, plusieurs ténors disputeront le trophée Amikuze comptant pour le Challenge tour du circuit Esku Pilota. Ce vendredi et dimanche (finales), les paires Olçomendy-Ducassou, Larralde-Ugarte, Darmendrail-Guichandut et Heguy-Iphar brigueront la victoire à Saint-Palais.
Andde Bello
sudouest.fr

Le PDG présente le projet de la coopérative aux élus et à ses partenaires, sur le futur site. © Crédit photo : Émilie Drouinaud/SUD OUEST
Le fabricant de mobilier design, connu à l’international, quitte Itxassou pour Larressore, où ses ateliers seront modernisés et deux fois plus spacieux. En cours, le chantier témoigne d’une grande réussite
Fleuron français du mobilier en bois de chêne, la coopérative Alki organisait, jeudi 22 septembre, une pose de première pierre symbolique. Bordé par un champ de piments, son futur bâtiment offre une vue imprenable sur la Rhune, à Larressore. Seulement entamé depuis mai 2022, ce chantier ne dévoile pour l’heure que des piliers et des chapes de béton. Les travaux doivent s’achever en septembre 2023. Ils concrétiseront une réussite entrepreneuriale peu commune, qui a hissé Alki parmi les fabricants les plus réputés du monde.
Sur un terrain de 16 000 m², la coopérative étalera sur 8 500 m² et deux étages ses ateliers et autres espaces de démonstration. Soit deux fois plus qu’à Itxassou, la commune qui l’a vu naître ex nihilo en 1981. Le futur bâtiment culminera à 8 mètres de haut et répondra aux normes environnementales les plus exigeantes – coque en bioplastique, panneaux photovoltaïques –, sous la houlette du cabinet Leibar et Seigneurin. « Une robe en écailles d’aluminium viendra coiffer l’édifice et son sol, plus minéral », dévoile l’architecte Xavier Leibar.
Environnement
Ce dernier a dû se plier à un épais cahier des charges : pas de chauffage, pas de lumière artificielle ni de rayonnement direct, enclin à déranger les compagnons artisans du bois. Le patron d’Alki, Eñaut Jolimon de Haraneder, y voit un défi à la hauteur des ambitions de la coopérative. Et l’homme de s’appuyer actuellement sur 42 coopérateurs pour poursuivre l’aventure. « Nous envisageons, à terme, de passer à 80 personnes », annonce-t-il.
Il faut dire qu’Alki ne cesse de grandir, forte d’un chiffre d’affaires de 7,4 millions d’euros en 2021 : les commandes affluent tant qu’une augmentation de la capacité de production s’impose. « Pour autant, il ne s’agira pas seulement d’un outil de production modernisé, reprend le jeune PDG. Ce sera un lieu de partage, de création et d’échanges. »
Rayonnement
Les mots « campus » et « atelier » sont ainsi préférés à celui d’« usine ». Ce qui convient parfaitement à Peio Uhalde, ce jeune retraité cofondateur de la coopérative en 1980.
Nous avons alors engagé un designer qui, avec nos moyens de l’époque, nous a peu à peu fait entrer dans un autre monde, sans que cela ne change quoi que ce soit à nos valeurs
« Vers 2005, le secteur était en crise, se souvient-il. Nous avons alors engagé un designer qui, avec nos moyens de l’époque, nous a peu à peu fait entrer dans un autre monde, sans que cela ne change quoi que ce soit à nos valeurs. » Une commande de mobilier par un café du château de Versailles a permis à Alki de glisser la première pièce dans la machine : « La carte de visite n’était plus la même », concède Peio Uhalde.
Dubaï, le Japon, les États-Unis ou encore la Jordanie s’arrachent désormais depuis plusieurs années ce mobilier élégant et haut de gamme. Sans oublier la France, où l’on ne compte plus les clients prestigieux, du Mucem de Marseille à la Cité du vin de Bordeaux, en passant par Quiksilver au Pays basque et, plus récemment, la Bibliothèque nationale François Mitterrand.
Audace payante
Grand artisan de ce succès, le designer Jean-Louis Iratzoki, directeur artistique d’Alki depuis la réorganisation, décrypte cet élan : « Cela a rapidement fonctionné car le design choisi était appliqué au savoir-faire, et non l’inverse. En outre, l’envie d’essayer de nouvelles choses n’a pas effrayé les coopérateurs. Nous avons compris qu’Alki devait aller au-delà de l’objet et s’engouffrer dans la communication et les rencontres internationales. » Une audace payante qui permet aujourd’hui à l’entreprise de « se projeter », comme le souligne Eñaut Jolimon de Haraneder.
Celui-ci n’entend cependant pas communiquer le coût du nouveau bâtiment. Tout juste glisse-t-il qu’il témoigne d’une « grande ambition ». Ambition totalement comprise par les pouvoirs publics, puisque Alki jouit d’une contribution de 600 000 euros de l’Agglomération et du Département. Dixit le patron de l’Agglomération Pays basque, il n’y a pas débat : « Ce projet créateur d’emplois, est exemplaire à tous points de vue. »
Thomas Villepreux
sudouest.fr

Maryse Cachenau, entourée de Beñat Duhalde et Isabelle Capdeville, lors de la conférence de presse. © Crédit photo : J. E.
L’association Lurzaindia (gardien de la terre) a lancé, mardi 13 septembre à la ferme du Broy à Urt, par l’intermédiaire d’une conférence de presse, une nouvelle campagne de collecte de fonds. Et ce, afin de poursuivre, grâce à l’épargne populaire, sa défense du foncier agricole et permettre ainsi l’installation et le travail de jeunes fermiers respectant les principes de l’agriculture paysanne.
C’est devant les serres d’Aurélie Sausset que Maryse Cachenau, Isabelle Capdeville et Beñat Duhalde sont venus exposer la vocation de Lurzaindia. « Un outil collectif pour préserver la terre nourricière », ont-ils défini. Ils ont également souligné son besoin de soutien financier régulier pour être capable d’assurer la continuité de son action, qui nécessite une solide trésorerie.
Cette dernière est basée sur trois axes forts : les demandes d’intervention à la Safer en matière de préemption, génératrices de frais et de caution dans le domaine financier ; la possibilité d’être très réactif en cas d’opportunité d’achat ; et enfin de pourvoir aux travaux de gros œuvre à engager parfois, pour concrétiser une installation d’agriculteur au-delà de l’acquisition, car il n’y a pas pour cela de subvention d’investissement par les collectivités locales.
Trois outils juridiques
Sous son appellation, elle dispose de trois outils juridiques distincts cohérents et complémentaires : la Foncière, une société à commandite par actions (SCA), l’association proprement dite et le fonds de dotation. La Foncière a pris le relais en 2013 du groupement foncier agricole mutuel Lurra, créé dans les années 70, et qui a la capacité, via l’épargne solidaire par actions, d’acheter des biens agricoles dans l’optique d’aider des projets d’installation de petites exploitations.
L’association, elle, sensibilise les citoyens et les collectivités à l’enjeu de la protection et du maintien du foncier agricole. Quant au fonds de dotation, il collecte des fonds, des dons ou legs, qui soutiendront des projets agricoles respectueux de l’environnement, du développement d’une économie de proximité pour une activité agricole durable et de qualité.
Renseignements sur lurzaindia.eu
Joseph Etchebarne
sudouest.fr
Le syndicat appelle à manifester le 10 septembre à Saint-Jean-Pied-de-Port. (© Guillaume FAUVEAU)
ELB fête ses quarante ans sous le signe de la crise agricole.
Le syndicat ELB fête ses 40 ans cette année. Pour cette occasion, une journée festive sera organisée le samedi 10 septembre, précédée d’une manifestation pour dénoncer la situation les difficultés du monde agricole.
Déjà quarante ans de luttes : le syndicat Euskal Herriko Laborarien Batasuna, la Confédération paysanne du Pays Basque, avait convié la presse le lundi 5 septembre aux abords de l'aérodrome d’Itxassou. Panpi Sainte-Marie, Jean-Paul Duhalde et Mirentxu Auzqui, membres du syndicat y ont présenté le programme de la journée festive qu'il organise le samedi 10 septembre à Ispoure, et sont revenus sur le contexte difficile dans lequel vivent les paysans.
Depuis 1982, le syndicat ELB lutte en faveur d’une agriculture locale, de qualité, rémunératrice pour les producteurs et respectueuse de la nature. Pour fêter ses 40 ans, le syndicat souhaite mettre en avant ce parcours riche à travers une journée festive à Ispoure. À 14 heures, un repas de produits locaux sera servi par les bénévoles du canton de Garazi, mettant en valeur les produits de producteurs locaux. L’association Gaia animera la suite de l’après-midi avec des défis entre paysans. Un groupe de danse prendra le relais avec une représentation. La journée se terminera par une soirée “talo ta xingar” animée par Gauro et DJ XA2. Une exposition photo retraçant les luttes les plus marquantes d’ELB sera également à découvrir tout au long de la journée salle Faustin-Bentaberri.
Mais avant de se retrouver pour un moment de partage, une manifestation aura lieu dans les rues de Saint-Jean-Pied-de-Port à partir de 10h30. Les paysans du Pays Basque veulent dénoncer le contexte très difficile dans lequel ils se trouvent actuellement. La sécheresse exceptionnelle et l’explosion des prix les placent dans une situation plus que critique. Le prix des céréales a augmenté de plus de 40 %, celui des protéines de 60 %, des fourrages de 25 % et il en va de même pour le prix de l'énergie et des différents services autour des fermes. Ainsi, le cortège protestera contre cette hausse des prix qui dégrade leurs conditions de vie.
Deux soirées d’échanges
En plus de la journée du 10 septembre, deux soirées d’échanges seront organisées en amont de l’événement d’Ispoure. Le premier rendez-vous est donné le mercredi 7 septembre à 20h30 au cinéma Saint-Louis de Saint-Palais. Patxi Iriart, d’Euskal Herriko Laborantza Ganbara, présentera les résultats d’une étude menée sur le thème “Notre assiette 2050”. La seconde soirée se déroulera le vendredi 9 septembre à 20 heures salle Haize Berri d’Ostabat sur le thème de la main-d'œuvre sans les fermes en présence de plusieurs intervenants, eux-mêmes paysans.
Ces rendez-vous se veulent ouverts à tous, paysans ou non.
Iker Lagrenade
mediabask.eus

L’abbé Jauregui a reçu un makila, offert par les élus et les paroissiens, ce dimanche. P.-A. C.
Dimanche, la paroisse Saint-Michel-Garicoits du Labourd, composée des communes d’Ainhoa, Souraïde, Espelette, Cambo-lesBains, Louhossoa et Itxassou, était en effervescence. C’est dans une église comble que la traditionnelle messe a été célébrée par l’abbé Joachim Jauregui. Cette fois, l’émotion était palpable et les remerciements ont afflué pour le natif de Sare qui a construit des vrais liens dans les différents villages. Son successeur attendu Après 15 ans de loyaux services, son départ est confirmé. La veille, c’est en toute intimité qu’il a reçu une médaille d’honneur des mains du maire, Christian Devèze.
Début septembre, la paroisse Saint-André-de-Bayonne l’accueillera en tant que prêtre auxiliaire. Son successeur, l’abbé Jean-Paul Martinon, est attendu prochainement au presbytère. Dans son homélie, l’homme de foi, arrivé en 2007, se livre sans ambages : « C’est avec un pincement au cœur que je vous quitte. Rappelezvous que la vraie richesse, c’est l’humilité, être au service des autres. » Sous les yeux d’autres personnalités politiques (Vincent Bru, Frédérique Espagnac, JeanMarie Iputcha, Roger Gamoy, Mikel Hiribarren, Jean-Pierre Harriet), les applaudissements redoublent. Pour les paroissiens, son image tolérante « marque les esprits » et le makila offert est le symbole d’une mission accomplie.
Pierre-Alexandre Carré
sudouest.fr

Hélène Devis, professeur de danse, diplômée du Pôle d'Enseignement Supérieur de Musique et de Danse (PESMD) de Bordeaux, vous propose à Itxassou, Salle d’Atharri, les cours suivants:
Cours Initiation à la danse (4-7ans)
Pour les plus petits, l’Initiation à la danse permet de découvrir divers notions: le corps, l’espace, la musique, la relation à l’autre, les qualités de mouvements,…
L’enfant sera amené au mouvement dansé à travers des explorations, des exercices, et des jeux, .
Les cours d’Initiation lui permettront de s’épanouir par la danse, tout en lui apprenant les notions fondamentales et construire des bases pour ses cours futurs.
Cours Contemporain Enfant (à partir de 7ans)
Apparue au début du XX° siècle, la danse contemporaine a voulu se libérer des codes de la danse classique de son époque.
Elle s’est développée autour des notions fondamentales de la danse (corps, temps, espace, poids, énergie). Elle se centre sur les différentes qualités de mouvements, l’utilisation de verbes d’actions, le travail au sol, l’improvisation.
Danse actuelle, la danse contemporaine continue d’évoluer grâce à l’inspiration et la création des danseurs.
Cours Contemporain ado adulte
Hélène Devis , professeur de danse, est diplômée du Pôle d'Enseignement Supérieur de Musique et de Danse (PESMD) de Bordeaux Nouvelle-Aquitaine.
Aujourd’hui, Hélène Devis souhaite transmettre technicité et sensibilité aux élèves, partager le bonheur de danser dans le travail et la bienveillance.
De multiples expériences professionnelles au sein de plusieurs troupes : cabaret itinérantes, ateliers contemporains, et différents projets vidéos dansés enrichissent son travail artistique.
Pour tous renseignements : 06 88 89 19 49
| Mercredi | |
| 15h-15h45 | Initiation danse à partir de 4 ans |
| 15h45-16h45 | Danse contemporaine enfant |
| 16h45-18h | Danse contemporaine ado & adulte |
Nos tarifs comprennent :
L'adhésion membre de l'association : 25€
L'accès au différents cours hebdomadaires
Tarifs:
Initiation à la danse (45 min) : (1 x 140 €) (1 x 40 € + 2 x 50 €)
Tarif jeune jusqu'à 18 ans : (1 x 160 €) (1 x 60 € + 2 x 50 €)
Tarif adulte : (1 x 250 €) (1 x 90 € + 2 x 80 €)
Tarif réduit * : (1 x 190 €) (1 x 70 € + 2 x 60 €)
* Tarif réduit, réduction de 25% pour le 2ème membre de la même famille (enfant-parents, couple), retraités, étudiant, parent isolé, demandeur d'emploi, handicapés, RSA …
Ticket CAF Pass sport 50€ est Cumulable avec les autres réductions !
Certificat médical de non-contre-indication à la pratique de la danse obligatoire
Attestation d’assurance civile obligatoire
Pour tous renseignements : 06 88 89 19 49

La mairie d’Itxassou souhaite également avancer sur le thème des mobilités douces. © Crédit photo : Mairie d’Itxassou
Au mois de juillet, les habitants d’Itxassou ont découvert de nouveaux panneaux routiers, marquages et autres aménagements. Désormais, ceux-ci indiquent la route du centre-bourg en sens unique et imposent de revenir du fronton à Balaki par les voies de contournement. Ces choix ont suscité des interrogations bien que les décisions aient été annoncées dans le bulletin municipal.
Rue principale revitalisée
La commune d’Itxassou est, en effet, traversée par une route départementale et les accotements accessibles aux piétons constituent aussi un espace permettant aux voitures de se croiser. Le maire, Michel Hiribarren, a insisté sur le danger avéré pour les personnes à mobilité réduite et les déplacements avec poussettes. Des ateliers sur l’évolution de la mobilité ont ainsi été l’occasion de réflexions partagées entre élus, habitants et commerçants. Elles convergeaient toutes vers la nécessité de sécuriser le centre-bourg pour permettre à cette rue principale d’être revitalisée.
Le développement des mobilités douces est aussi apparu nécessaire pour répondre aux besoins des habitants et faire évoluer leurs pratiques. Les aménagements et balisages mis en place seront affinés dans les mois à venir en fonction des retours d’expérience. D’autres secteurs sont évoqués tout en assurant en parallèle une connexion de pistes cyclables.
Pierre-Alexandre Carré
sudouest.fr
Si vous étiez en manque du magnifique village d’itxassou, il n’y a plus raison d’être !!!
Merci « La Maison Bonnet » pour cette sublime webcam en direct.
Pour plus de renseignements sur "La Maison Bonnet" : https://www.maison-bonnet.com

Carole Baret est passionnée de sciences. © Crédit photo : P.-A. C.
Depuis 2021, Carole Baret exerce au centre paramédical Ordokia, à Itxassou. Après quelques expériences au sein d’industries pharmaceutiques et agroalimentaires, elle se reconvertit en tant que naturopathe (réflexologue, sophrologie). Cette pratique ancestrale vise à rééquilibrer des habitudes alimentaires, une hygiène de vie et une meilleure gestion des émotions.
Pour cela, différents outils existent : les vitamines, les minéraux, les dérivés de plantes pour apaiser le corps et l’esprit. Ce rapport au mieux-être, la jeune femme le cultive intimement : « J’ai fait un burn-out parental et je voulais partager mes connaissances. Je suis passée à quelque chose de plus simple, loin de la société de consommation », explique-t-elle.
Des jeunes en demande
Toutefois, une frange de la population reste dubitative sur l’efficacité de ces méthodes, même si la reconnaissance arrive pas à pas. Les principales demandes émanaient surtout des femmes touchées par l’anxiété, avant que la crise sanitaire n’élargisse sa clientèle, notamment vers les jeunes. Aujourd’hui, elle développe, en complément, une spécificité au niveau de la réflexologie énergétique chinoise qui « traite » les symptômes émotionnels à la racine et prévient contre d’autres troubles qui peuvent surgir.
Renseignements : 07 66 88 24 58 et cnaturoetbienetre.fr
Pierre-Alexandre Carré
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Luis Sanchez, Peio Larralde, Baptiste Ducassou et Mathieu Ospital. © Crédit photo : M. D.
Au terme d’une finale de haut niveau et d’une intensité exceptionnelle, le duo a remporté la deuxième édition du Master Élite Pro du Grand Dax
Le complexe de pelote basque du stade Colette-Besson de Dax a vécu, au cours de la semaine écoulée, de grands moments dédiés à la main nue, magnifiquement illustrée par les pelotaris professionnels de l’association Esku Pilota. Devant les gradins du trinquet combles et enthousiastes à chaque rendez-vous, ce master est allé crescendo.
Jeudi, dans la première demi-finale, le jeu bien en place de Peio Larralde (Hasparren) et Luis Sanchez (Pampelune) leur permet de dominer la partie devant Michaël Darmendrail (Villefranque) et Ximun Lambert (Saint-Étienne-de-Baïgorry), 40 à 10. Vendredi, seconde demi-finale. La rencontre est plus serrée entre Mathieu Ospital (Saint-Jean-Pied-de-Port) et Baptiste Ducassou (Itxassou) et les virtuoses Enaut Echeverria (Mendionde) et Peio Guichandut (Irissary), 40 à 29.
Apothéose du tournoi
Une joyeuse excitation règne dimanche matin pour la finale, apothéose du tournoi. En prélude, les jeunes des écoles landaises de main nue s’expriment. Des fanfares joyeuses saluent l’arrivée des quatre joueurs finalistes. Dès que la partie s’engage, Peio Larralde annonce la couleur en plaçant de superbes buts. Mathieu Ospital lui répond du tac au tac (6 partout).
Première tentative d’échappée des tuniques rouges Mathieu Ospital et Baptiste Ducassou, qui délivrent des pelotes profondes, en serrant à gauche et en visant le pied de la paroi de verre (11 à 6). La réplique verte ne tarde pas, à base de pelotes dans les angles du trinquet (13 à 12).
En déclenchant l’offensive générale, Ospital et Ducassou dominent un moment les échanges. Ils font face à une grande dépense d’énergie de Luis Sanchez, qui se replace bien, et de Peio Larralde, prêt à faire feu de tout bois. Mathieu et Baptiste sont merveilleusement efficaces : buts gagnants dans le coin à droite ou dans les fenêtres du fond ; filets directs ; recherche du « pic » dans les différents angles de la cancha ; contres éclair ; diagonales spectaculaires (20 à 14).
Retournement de situation
Dans la seconde moitié de la finale, après la pause de l’Angélus, joueurs et public passent par tous les états. D’abord, Ospital et Ducassou confirment leur domination, en faisant preuve d’un très grand réalisme, à base de buts puissants de l’avant et d’incessantes récupérations de l’arrière-garde (34 à 22).
La partie est-elle jouée ? Bouillant d’impatience, Peio Larralde attend son heure, tandis que Luis Sanchez continue de remplir son contrat au fond du trinquet. Retournement de situation quand la réussite sourit enfin aux tuniques vertes. Elle est à base d’envois dans les ouvertures du tambour, de pelotes piquées dans tous les angles de la cancha, de buts puissants et de tutoiements du filet. Larralde et Sanchez reviennent à 36-33.
Un lâcher et un but d’Ospital dans la lucarne du tambour donnent un peu d’air au camp rouge (38-33). Une volée éclair et nouveau coup dans le filet resserrent l’écart (38-35 puis 39-36). Mais un envoi sous la raie consacre la seconde victoire des chemises rouges, 40 à 36. Durée de la finale une heure et demie. Le « Vino Griego » des Escapateris enflamme tout le trinquet. Vivement le 3e Master Élite Pro du Grand Dax.
Michel Décla
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La Nive avait pris une coloration orange spectaculaire, le 28 avril dernier. © Crédit photo : Facebook Isabelle Larteguy
Fin avril, l’effondrement d’une mine de fer polluait la Nive et son affluent le Laxia, à Itxassou. La pêche et la baignade restent interdites en raison de la présence de « sédiments contenant des métaux lourds »
Le 28 avril dernier, l’effondrement d’une ancienne mine de pyrite de fer à Itxassou a entraîné une impressionnante coloration ocre du Laxia, affluent de la Nive. À la suite de cet écoulement sur un site qui servait autrefois à fabriquer de l’acide sulfurique, des dispositifs de surveillance et de secours étaient mis en place, pour permettre la consommation d’eau potable au robinet. Par précaution, la pêche en eau douce avait été interdite pendant
Ce vendredi 10 juin, de nouveaux prélèvements réalisés par Geoderis, opérateur spécialisé de l’État, font état « de la présence subsistante de sédiments contenant des métaux lourds », indique la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. Ainsi, « afin d’éviter tout risque sanitaire », l’interdiction de la pêche sur le Laxia est prolongée jusqu’à la fin de l’année.
De la même façon, la baignade est toujours interdite, par arrêté municipal, sur le Laxia et au niveau de la confluence entre la Nive et le Laxia, dans les environs du Pas de Roland, à Itxassou.
Côté eau potable
Pour rassurer, la préfecture départementale indique qu’il n’y a « aucun risque pour la consommation de l’eau potable », les captages étant situés à des emplacements non impactés par la pollution. De nouveaux prélèvements seront effectués dans les prochains mois, dans la mesure où les cours d’eau sont « toujours sous surveillance ».
Fin mai, les analyses conduites par l’Agence régionale de santé, sur les outils de prélèvement et de production des eaux destinées à la consommation humaine, ne révélaient pas de « variation anormale », selon la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.
Plus spécifiquement, des molécules de fer, manganèse, arsenic ou aluminium y étaient recherchées. « L’ensemble des paramètres recherchés se sont révélés conformes aux normes sanitaires et pour la quasi-totalité inférieurs aux seuils de détection analytiques », précisait alors la préfecture.
Carole Suhas
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Le TER qui raccorde Bayonne à Saint-Jean-Pied-de-Port s’arrêtera désormais à Itxassou. Cette étape de la ligne 54 a été ardemment défendue par la municipalité et les habitants du village. © Crédit photo : Archives Jean-Daniel Chopin
C’est l’histoire d’un village de campagne qui s’est mobilisé pour voir son train entrer en gare. Le Conseil régional, qui gère les TER, a entendu la cause. Itxassou devient un arrêt de la ligne 54, à compter de juillet 2022
Début juillet, sur la ligne Bayonne-Saint-Jean-Pied-de-Port, on pourra entendre : « Le train TER va entrer en gare d’Itxassou, 1 minute d’arrêt ». Ces quelques mots n’ont rien de futiles. Ils sont le fruit d’une lutte menée par un village pour voir la ligne 54 prendre des voyageurs sur le quai de leur gare. C’est peu dire que ce train-là se nomme désir.
Le 30 mai dernier, le Conseil régional a donné son feu vert, après des mois de discussions qui ont abouti à la même conclusion : oui, l’arrêt dans cette commune de plus de 2 000 habitants a tout son sens. Nicole Etxamendi, première adjointe d’Itxassou, ne cache pas sa satisfaction. Elle décrit des échanges avec le conseiller régional Jacky Emon en charge du dossier et les services de la SNCF, nourris d’arguments qui ont fait mouche. « Nos interlocuteurs ont compris le sens de notre demande », relève l’élue.
« On restera vigilants sur l’usage »
Ce qu’ont entendu les intéressés, c’est « la mutation d’Itxassou qui, depuis 2014, voit sa population augmenter », un effet de la hausse des prix de l’immobilier sur le littoral que partagent les communes proches du BAB. Les besoins de services sont à l’aune de cette réalité, dont le transport public. L’arrêt dans cette gare a donc été jugé utile pour répondre à la demande des usagers locaux, à laquelle s’ajoute celle liée au tourisme.
Côté Région, Mathieu Bergé, conseiller régional en charge des transports, a retenu deux points : la demande sociale et la volonté politique. « Quand on a créé la ligne 54, il y a deux ans, on a fait le tour des municipalités. Itxassou n’avait pas de descente. On cherchait l’efficacité ferroviaire, le but étant que le trajet en train ne dépasse pas celui en voiture. Un arrêt supplémentaire, c’est 4-5 minutes de plus, la municipalité de l’époque ne défendait pas l’arrêt, on l’a fermé », rappelle l’élu.
Depuis, les négociations avec le collectif de citoyens et la nouvelle mairie engagés sur le projet ont su convaincre. « On restera vigilants sur l’usage, en faisant un point annuel », prévient toutefois Mathieu Bergé.
Un Itxassou-Bayonne à 0,70 cts
Pour Nicole Etxamendi, cette création concourt clairement « à une redynamisation pour notre territoire ». Elle évoque Louhossoa, le village voisin qui va également profiter de cet arrêt. « C’est à nous maintenant d’engager une campagne promotionnelle pour encourager l’usage du train », lance-t-elle. Elle cite, en exemple, le tarif d’un aller pour Bayonne, avec abonnement : 70 centimes (1). De quoi persuader les futurs voyageurs réguliers de cette ligne, au vu du prix du gasoil.
L’édile se sait aussi accompagnée par le collectif d’habitants qui s’est mobilisé en décembre 2021 pour voir le TER s’arrêter dans leur gare. Rappelons que 500 personnes avaient signé une pétition dans ce sens. D’ores et déjà, est prévue une fête à l’automne pour rassembler les Itsasuars autour de cette étape de la ligne 54 conquise de haute lutte.
Ce tarif est à titre d’exemple pour un travailleur habitant Itxassou et se rendant en gare de Bayonne tous les matins ouvrés de la semaine et qui voit son abonnement pris en charge à 50 % par son employeur, obligation dans le cadre des frais de transport emploi-domicile.
Gaëlle Tournier
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