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Julen Achiary (à gauche) et Xavier Desmartis présentent la 26e édition du festival Errobiko Festibala à Bayonne. © Crédit photo : Errobiko Festibala
Lundi 23 mai, Julen Achiary, directeur artistique du festival, et Xavier Desmartis, président de l’association Ezkandrai, ont dévoilé le programme de la 26e édition d’Errobiko Festibala, au cinéma L’Atalante de Bayonne. Cette année, quelques innovations sont à noter. Par exemple, en avant-goût du festival, deux dates sont prévues, les 15 et 16 juillet, qui feront la part belle à la danse et la polyphonie. Le festival se déroulera, lui, du 21 au 24 juillet à Itxassou.
Les organisateurs comptent faire du chant, la pierre angulaire de l’évènement. « Le chant et la voix ont toujours tenu une place très particulière à Errobiko Festibala. Nous voulons explorer toutes les facettes de cette expression artistique et nous pensons que la commune est l’écrin parfait pour que 1 000 chants puissent résonner. Cette édition promet de nouvelles rencontres, des échanges passionnés et des concerts rythmés », indique Julen Achiary.
Musiques du monde
Dès le premier jour, c’est la chanteuse Leila Martial qui apportera son originalité, en compagnie du guitariste Pierre Tereygeol et Éric Perez, percussionniste et bassiste vocal, au travers du trio Baa Box inspiré par les chants pygmées, inuits, tziganes. Les bénévoles, les jeunes ou créatifs de passage auront même l’occasion de participer à un stage de voix. La tradition chorale corse sera représentée par la musique d’A Filetta, garante d’un héritage culturel positif rejetant toute haine et repli identitaire.
Enfin, les cultures congolaises et réunionnaises seront à l’honneur avec Rebecca M’Boungou, fondatrice du groupe Kolinga. Cette passionnée de polyphonie et de polyrythmie expérimentera un « circle song » géant, dans le but de faire circuler les énergies du groove, du jazz ou du folklore. L’expérience se fera avec le public et Danyèl Waro, fidèle à la tradition acoustique du maloya, le blues de la Réunion.
Rens. complémentaires au 06 25 82 16 24 ou au06 67 09 33 40. Site : errobikofestibala.net
Pierre-Alexandre Carré
sudouest.fr

Les membres de l’association Itsasuarrak se préparent pour la fête des cerises dimanche. © Crédit photo : PAC
La traditionnelle fête de la cerise aura lieu ce dimanche 5 juin à Itxassou. L’occasion de découvrir le précieux fruit en quête d’une AOP et d’autres produits locaux.
Dimanche 5 juin 2022, la fête de la cerise se déroulera à Itxassou. Depuis mars, l’association Itsasuarrak est à l’œuvre pour organiser cet événement qui, depuis les années 50, a une renommée qui dépasse les frontières basques. L’ensemble des sections de l’association (pelote, cyclo, gymnastique, danse), les habitants et les membres des écoles prêteront main-forte aux organisateurs.
Le président, Philippe Lacouade, élu en 2019, connaîtra sa première édition après deux années d’arrêt forcé à cause du Covid-19. Pour réussir, il pourra compter sur le soutien de Jean-Claude (vice-président) et Frantxoa (trésorier) pour régler les derniers détails logistiques.
Leur bureau, composé de huit personnes, porte cette lourde responsabilité avec enthousiasme : « Nous avons gardé un état d’esprit positif en travaillant sur les bâtiments alors que la situation financière était compliquée. Nous faisons constamment le lien avec l’association des producteurs de cerises Xapata, le marché des producteurs et ceux qui veulent nous aider à réussir », explique Philippe Lacouade.
Quatre variétés
Samedi 4 juin, un concert organisé par l’école Saint-Joseph, réunira les chœurs de femmes Koloreak et d’hommes Aizkoa en l’église, à 21 heures. « Cela nous permet d’unir les habitants avant que la fête ne se poursuive dès 9 heures, le dimanche, par une messe, puis une démonstration de pelote, des danses et la présence du groupe Alaiak qui nous est fidèle pour animer ce rendez-vous », ajoute-t-il.
Au mur à gauche Atharri, le précieux fruit - qui vise la labellisation AOP depuis plusieurs années - sera en vente en même temps que d’autres produits locaux (fromages, confitures, gâteaux basques). Ainsi, les plus gourmands en découvriront quatre variétés : Xapata, Peloa, Beltxa, Garoa. Toutes sont en accord avec une culture sans pesticides, une production fermière de qualité et un juste prix fixé entre le paysan et le consommateur.
Au programme, dimanche
10 h 30 : partie de pelote.
12 h : mutxikoak
13 h : Repas animé par Alaiak. Menu complet à 27 euros - réservation :
16 h : danses basques, makilaris et jeux de force basque.
18 h : Mutxikoak, taloak, chants et apéritif
Toute la journée, navette gratuite.
Pierre-Alexandre Carré
sudouest.fr
Cette galette de maïs traditionnelle du Pays basque était utilisé comme pain dans les fermes basques.
Maintenant, on en trouve facilement dans les fêtes, rassemblements et marchés du Pays. Le talo à la ventrêche
« taloa eta xingar » est proposé à emporter aux festayres et gourmands de passage.
Reportage diffusé dans le 13h00 de TF1, le 22 mai 2022.

Bielle et Ducassou à l’arrière-plan ont coiffé la boïna à Itxassou © Crédit photo : CHARLOTTE DALMONT
Philippe Bielle, qui conserve son titre, et Baptiste Ducassou, chez lui, ont remporté ce samedi le trophée Atharri du circuit Esku Pilota
Dominateurs face à Eñaut Echeverria et Ximun Lambert, Philippe Bielle et Baptiste Ducassou ont coiffé la boïna du trophée Atharri, samedi à Itxassou (40-19). Les quatre athlètes ont fait honneur tout au long de la compétition au joko berri (demi-trinquet), dans la cité de la cerise. Mais au final, ce sont le gaucher Philippe Bielle, qui conserve son titre glané l’an passé avec Luis Sanchez et Baptiste Ducassou, le régional de l’étape, qui ont triomphé.
La fraicheur physique a sans doute pesé samedi, lors d’une journée marquée par une chaleur étouffante. Les vainqueurs, emmenés par un Baptiste Ducassou déterminé à s’imposer sur ses terres et le spécialiste du genre Philippe Bielle ont très vite accordé leur violon, pour enclencher la marche avant.
En rythme
Après quelques errements lors de l’entame bien amorcée par le tonique Eñaut Echeverria et le technicien Ximun Lambert, ils ont mis le turbo. En prenant le soin d’éviter la volée de l’avant de Macaye, Philippe Bielle via des volées croisées et Baptiste Ducassou en costaud, prompt à fouiller le 5e filet, ont tué tout suspense (1-5, 28-12, 40-19).
En rythme, les lauréats de la 17e édition de la classique du circuit Esku Pilota, organisée par Itsasuarrak, ont fait étalage de leur talent au complexe Atharri.
A.B
sudouest.fr

Associé cette semaine à Luis Sanchez, Mattin Olçomendy a retrouvé le sourire, mercredi, à Itxassou. © Crédit photo : Archives Bertrand Lapègue
Vainqueurs face aux paires Inchauspe-Saint-Paul (40-9) et Darmendrail-Guichandut (40-33), les duos Olçomendy-Sanchez et Echeverria-Lambert filent en demi-finales du trophée Atharri
Le trophée Atharri, qui se joue dans la modalité du joko berri (demi-trinquet), a lancé mercredi soir, à Itxassou, la saison des tournois du circuit Esku Pilota. Sur les hauteurs de la cité de la cerise, situé dans un magnifique écrin de verdure, le mur à gauche Atharri, aménagé en joko berri, a vibré de tous ses murs à l’occasion de l’ouverture de la 17e édition. Les deux barrages d’accession aux demi-finales ont souri aux plus costauds.
Auréolé de son titre de champion de France Élite pro par équipes, Jon Saint-Paul n’a pas été en mesure d’enchaîner une nouvelle victoire. Associé au gaucher Alexis Inchauspe, lequel remplaçait au pied levé Peio Larralde, l’arrière formé au club Lau Herri a concédé une lourde défaite face au solide binôme Mattin Olçomendy-Luis Sanchez (7-1, 21-7, 40-9).
Tenant du trophée, le surpuissant Luis Sanchez a encore démontré qu’il était vraiment à son aise sur ce type de kantxa aux larges dimensions. Mattin Olçomendy, parfait dans son rôle d’animateur, a retrouvé le sourire après sa cruelle désillusion, dimanche, au temple de verre bayonnais.
Parfait animateur
À l’évidence, Jon Saint-Paul n’avait pas totalement récupéré de ses efforts colossaux consentis lors de la finale fédérale, 72 heures auparavant. L’autre partie, ardemment disputée celle-là, a souri à Eñaut Echeverria et Ximun Lambert. Les deux athlètes, revanchards après leur élimination prématurée en championnat, avaient bien préparé leur affaire. Suite aux trois premières dizaines musclées, ponctuées de ttantto spectaculaires, ils ont réussi à décrocher les puncheurs Mickaël Darmendrail et Peio Guichandut (40-33).
Andde Bello
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Annie et Fabien Murillo, respectivement présidente et chef d’orchestre de l’Estudiantina de Ciboure, rendront hommage le 6 mai à leur père et grand-père, le passionné de mandoline Albert Kaempf. © Vincent Dewitte
L’Estudiantina de Ciboure célébrera le 6 mai le centenaire de la naissance de son ancien directeur et chef d’orchestre, Albert Kaempf. À la baguette, pour la première fois, son petit-fils, Fabien Murillo.
Plaisir et émotion se mêlent dans la voix de Fabien et Annie Murillo au moment d’annoncer un concert hommage à Albert Kaempf, le vendredi 6 mai, en l’église Saint-Vincent de Ciboure. La toujours présidente et professeure de l’Estudiantina de Ciboure et son tout nouveau chef d’orchestre y mettent d’autant plus de cœur qu’il s’agira ce soir-là d’honorer le centenaire de la naissance de leur père et grand-père, l’ancien directeur, professeur et chef d’orchestre de l’école cibourienne fondée en 1912.
Né en 1921 à Itxassou, Albert Kaempf était tout à la fois professeur d’éducation physique (à Lantabat, Saint-Jean-de-Luz, Guéthary, Ciboure et Souraïde), rugbyman émérite du SJLO (il fut même international à XV et à XIII) et musicien hors pair. Ce passionné de mandoline, amoureux des sérénades, avait repris après-guerre la direction de l’Estudiantina Donibandarrak de Saint-Jean-de-Luz. Il avait ensuite eu à cœur de relancer l’école de musique de Ciboure, en 1958.
Une aventure familiale
Les destinées de celle-ci furent rapidement confiées à sa fille et élève, Annie Murillo, avec une spécialité guitare qui permit notamment à son fils aîné, Patrick Murillo, et Christophe Duverger d’obtenir des médailles d’or du conservatoire de Bayonne. Seule aux commandes de la petite structure associative depuis le retrait de son père, en 1997, l’enseignante bénévole parvint, comme son père le fut autrefois, à transmettre le virus de la mandoline et de la guitare à ses fils, Patrick et Fabien. Le second en a fait sa profession. Le second dirigera pour la première fois l’orchestre de l’Estudiantina ce vendredi 6 mai.
Le petit-fils d’Albert Kaempf et jeune frère de l’ancien chef d’orchestre (de 2010 à 2018) portera à travers cet hommage un héritage plus que centenaire. Sa baguette prolongera surtout le plus grand souhait de son grand-père, « continuer à faire vivre la mandoline, en renouvelant sans cesse son répertoire », souligne le fier descendant.
Comme une conversation
Cette partition spéciale, nommée « Conversation avec Albert Kaempf », a été conçue autour des « œuvres qu’il aimait diriger et qu’il nous faisait jouer, comme s’il les avait lui-même choisies », explique-t-il. Fidèle à ce qu’il était, ce programme doit avant tout permettre aux 35 musiciens de l’orchestre cibourien de « présenter toutes les facettes de l’instrument », complète-t-il.
Fabien Murillo évoque une première partie plus populaire, de Macciochi à Strauss et de Matias Marquez Garcia à Maurice Ravel, « dont il avait des souvenirs quand il était enfant », souligne-t-il. Le second acte sera plus classique, avec notamment un concerto pour 4 violons de Vivaldi, une fugue de Bach pour orgue et l’allegretto de la 7e symphonie de Beethoven ; « son compositeur favori et le dernier morceau qu’il a écouté », annote-t-il.
Décédé en 2013, Albert Kaempf aimait à répéter qu’« il n’y a pas de grande et de petite musique, il y a de la bonne et de la mauvaise musique, et surtout de la musique qui touche le cœur ».
Début du concert à 20 h 30. Participation libre. Plus de renseignements au 06 03 64 39 69.
Vincent Dewitte
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Sacré dimanche au Moderne, Jon Saint-Paul (en rouge) vise une nouvelle victoire ce mercredi à Itxassou, le village de Baptiste Ducassou (en blanc). © Crédit photo : Bertrand Lapègue
La classique du demi-trinquet débute ce mercredi à Itxassou. Les meilleurs pilotari sont en lice jusqu’au 14 mai, date de l’épilogue du trophée Atharri.
Quelques jours à peine après la finale fédérale disputée dimanche au trinquet Moderne, les pilotari vont prendre la route de la cité de la cerise. Pas de répit pour les cadors, qui vont débuter à Itxassou, au village du malheureux finaliste Baptiste Ducassou, la saison des tournois comptant pour le circuit Esku Pilota.
À tout seigneur tout honneur, c’est Jon Saint-Paul le jeune champion de France, fraîchement sacré au temple de verre bayonnais qui va ouvrir les hostilités ce mercredi soir (19 heures). Initialement prévu, Peio Larralde qui s’est fait poser trois points de suture à la tête dimanche soir, est contraint de renoncer. C’est donc associé à Antton Monce, que Jon Saint-Paul va affronter la paire Mattin Olçomendy-Luis Sanchez. Titré l’an passé en compagnie du gaucher Philippe Bielle, l’arrière de Pampelune est déterminé à réaliser le doublé.
Duel à distance
Le second barrage donnant accès aux demi-finales opposera à 20 h 15, les binômes Mickaël Darmendrail-Peio Guichandut et Eñaut Echeverria-Ximun Lambert. Un choc qui opposera quatre pilotari revanchards. Les vainqueurs de la partie inaugurale de ce mercredi soir, affronteront samedi (18 heures), dans le cadre de la 1re demi-finale, le duo Philippe Bielle-Baptiste Ducassou.
Les autres heureux élus seront confrontés samedi à 19 h 15, à la paire Mathieu Ospital-Andoni Iphar. « Malheureusement nous déplorons le forfait de Peio Larralde qui a subi un choc à la tête lors de la finale fédérale, nécessitant quelques jours de repos. Les équipes sont homogènes, ce qui augure de parties indécises », livre Xan Parachu le président d’Itsasuarrak, club organisateur. Effectivement, on peut s’attendre à une compétition spectaculaire, avec en point d’orgue un duel musclé à distance entre Philippe Bielle et Luis Sanchez, deux grands spécialistes du genre. La finale de la 17e édition du trophée Atharri, sera disputée le samedi 14 mai (17 heures).
Andde Bello
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Peio Larralde et Jon Saint-Paul sont passés par tous les états lors de cette finale de plus d’une heure et demie. © Crédit photo : Bertrand Lapègue
Ce dimanche à Bayonne, au terme d’une somptueuse finale (95 minutes), Peio Larralde et Jon Saint-Paul ont coiffé la boïna face à la paire Olçomendy-Ducassou (40-38).
La finale du championnat fédéral main nue Elite pro par équipes a consacré Peio Larralde et Jon Saint-Paul ce dimanche à Bayonne, au trinquet Moderne. Disputé devant la foule des grands jours, le choc a tenu toutes ses promesses. Larralde et Saint-Paul, sous pression après une entame pourtant réussie (13-3, 23-23, 23-28, 28-28,33-33), ont retrouvé les ressources nécessaires pour déborder au prix d’un dernier coup de reins, Mattin Olçomendy et Baptiste Ducassou (40-38).
Le jeune Jon Saint-Paul pris pour cible par ses rivaux, notamment de son adversaire direct qui a évolué par moments comme en place libre, n’a pas craqué. Il s’en est fallu de peu. Usant de frappes énormes azpitik (de bas en haut), l’Itsasuar qui a engrangé au passage sept filets au fond de la kantxa (3 directement), a, dans le sillage d’un Mattin Olçomendy prompt à éviter la volée de son illustre vis-à-vis, failli réussir dans son entreprise de « démolition ».
Plongeon gagnant
Mais voilà, le virtuose Peio Larralde à la volée et l’apuño dévastateurs a réussi dans un moment clé, lorsque son allié donnait des signes de fatigue, la prouesse de fouiller le filet de la gauche, via le pan coupé et la paroi de verre. Trois points de classe suivis par un 4e filet direct de Jon Saint Paul soudain revigoré (37-34, 39-35). « Jon a été très sollicité, mon rôle est de prendre mes responsabilités lors de ces séquences compliquées. On aurait pu, mais non ; dans le haut niveau, il n’y a pas de place au doute. Ce 6e titre me ravit, je ne réalise pas encore. C’est sûr, je vais continuer à travailler dur pour essayer d’en gagner d’autres ».
Le meilleur sera pour la fin. Revenus dans la partie, après un petit péché de gourmandise de l’avant haspandar, les blancs retrouvent des couleurs. Fidèle à sa stratégie, Olçomendy bute en « bombe » au filet du fond et Ducassou aligne deux nouveaux filets en force (39-38). Bousculé au fond du trinquet, Saint-Paul qui voit la pelote prendre l’arrête de la planche, renvoi la pelote au mur au prix d’un plongeon désespéré.
Lors d’un échange à couper le souffle, la pelote est ensuite déviée du xilo, sur la meilleure main de Peio Larralde. Cette fois pas d’amortie, d’une frappe latérale sèche, il loge le cuir au 4e filet via le rebond. Perclus de crampes, il restera prostré au sol, les bras levés au ciel. « Je ne sais pas trop comment j’ai réussi à retourner cette pelote qui filait au filet. Je plonge et je mets la main », livrait Jon Saint-Paul, les yeux embués par l’émotion. Pour sa 1re participation, du haut de ses 24 printemps, l’ancien sociétaire du club Lau Herri touche au but. Mattin Olçomendy et Baptiste Ducassou quant à eux devront encore patienter pour toucher le Graal. « On a manqué notre entame et laissé beaucoup d’énergie pour pouvoir revenir. À l’entrée de la dernière dizaine, on n’a pas réussi à breaker », regrettait le sextuple champion en tête à tête.
Andde Bello
sudouest.fr

Hier, à Itxassou, la Nive a été colorée en orange à cause d’un lâcher d’eau au niveau d’une mine de fer. © Crédit photo : Facebook Isabelle Lartéguy
Jeudi 28 avril, un lâcher d’eau au niveau des mines de fer a eu lieu au Pas de Roland, à Itxassou, entraînant une pollution de la Nive.
Les sapeurs-pompiers ont été appelés à intervenir, jeudi 28 avril, vers 18 heures après plusieurs signalements, notamment des pêcheurs, au niveau du Pas de Roland, à Itxassou : une pollution a eu lieu au niveau de la Nive, la colorant en orange.
La police de l’environnement ainsi qu’une personne de la commune d’Itxassou ont procédé à une reconnaissance : il a été confirmé qu’un lâcher d’eau au niveau de la mine de pyrite de fer, qui servait autrefois à fabriquer de l’acide sulfurique à Itxassou, avait eu lieu.
“Nous sommes allés au niveau de cette ancienne mine, rapporte Nicole Etxamendi, première adjointe au maire d’Itxassou. Nous avons constaté qu’il y aurait eu un éboulement à l’intérieur, ce qui aurait provoqué une sortie d’eau brutale, et ce qui explique cette eau ferrugineuse à l’odeur soufrée.”
Le réseau d’eau alimentant Bayonne remplacé
Le captage du Laxia alimentant Itxassou, Cambo, et une partie de la ville de Bayonne en eau potable a été isolé et remplacé par un réseau parallèle. L’Agence régionale de santé a également été informée.
Il s’avère qu’il pourrait y avoir des particules de fer au fond du lit de la rivière, mais les secours n’ont aucun moyen de les retirer. “Personne n’était inquiet, hier soir, en quittant le site, ajoute Nicole Etxamendi. J’y suis passée ce matin et l’eau s’était d’ailleurs éclaircie. Le plus problématique, ce sont les dépôts dans le fond de la rivière, ce qui peut créer une oxygénation difficile si il y a peu de courant.”
Sophie Serhani
sudouest.fr

Marion Cantalejo (en vert) et le groupe des éducatrices d’Etcharry s’engagent pour aider et informer sur l’autisme. © Crédit photo : Pierre-Alexandre Carré
L’association Un nouveau regard souhaite créer une école spécialisée ainsi qu’un lieu d’hébergement pour les adultes autistes.
Samedi 23 avril, la journée de l’autisme était organisée à la salle Sanoki d’Itxassou. L’association Un nouveau regard, présidée par Geneviève Machicote, est porteuse d’un projet novateur. Il pourrait aider les enfants et les adultes atteints de ce handicap.
Accompagnée de Marion Cantalejo, vice-présidente et mère d’un enfant autiste nommé Diego, elle souhaite créer une école spécialisée ainsi qu’un lieu d’hébergement pour les adultes. Depuis 2017, le centre « La Nive » serait le lieu qui répondrait le mieux à leurs besoins (locaux dédiés aux ateliers, un vaste terrain pour les jeux).
Inspiré du modèle belge, l’établissement permettrait également un suivi global en présence d’éducateurs spécialisés, d’ergothérapeutes, d’orthophonistes. Il s’agirait d’une première en France. En août 2020, une réunion publique attirait même 120 personnes soulevant alors l’espoir d’une concrétisation. Est-ce toujours le cas deux ans plus tard ?
Projet de centre retardé
La crise sanitaire a contraint au report de décisions capitales y compris pour l’association. « Cette période Covid a été dure. Tous les politiques adhèrent à notre projet qui est parfaitement ficelé financièrement et structurellement. Or, l’Agence régionale de santé ne nous accorde pas son agrément qui est essentiel pour débuter quoi que ce soit », indique Marion Cantalejo.
Heureusement, la vice-présidente ne se sépare jamais de son sourire : « Il est hors de question que l’on renonce car je sais ce dont mon fils a besoin. Ce sont des enfants très intelligents qui doivent évoluer dans un environnement calme », ajoute-t-elle.
Dans la salle, différentes activités (parcours sensoriel, médiation animale, massages adaptés, tente sensorielle, club théâtre, activités manuelles) étaient proposées sous le regard des étudiantes éducatrices du centre de formation d’Etcharry. Elles doivent valider quatre modules pour être diplômées.
Sur les réseaux sociaux, le groupe des « vraies héroïnes » veut partager des connaissances sur ce trouble qui touche majoritairement les hommes.
Contact : @lesvraiesheroines (Instagram) et sur : www.unnouveauregard.com
Pierre-Alexandre Carré
sudouest.fr

Les familles participantes lors de la soirée de clôture du défi déclic écologique à Itxassou. © Crédit photo : Laurence Elicetche
Samedi 9 avril, la 6e édition du Défi Déclics énergie-eau Pays basque a livré son verdict à la salle Sanoki d’Itxassou. Cette soirée, soutenue par la Communauté d’agglomération Pays basque et animée par deux membres du Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) Pays basque et littoral basque, a mis en lumière ce défi. Débuté en novembre dernier, il permet d’accompagner près d’une cinquantaine de foyers à réduire leurs consommations d’eau et d’énergie et d’informer les écoles sur les écogestes à adopter.
Ainsi, Laurence Goyeneche (CPIE Pays basque) et Laurence Elicetche (CPIE littoral basque) présentaient, devant des élus et techniciens de la CAPB et une vingtaine de foyers participants, les premiers résultats. Sur le plan énergétique, les chiffres indiquent une économie de 1 663,33 kWh en moyenne par foyer au niveau du Pays basque. Les familles Garbolino (-39,65 %) ; Irigaray (-48,45 %) ; Dupuy (-49,92 %) s'installent sur les trois premières marches du podium. Par la suite, le bilan de l’eau montre une économie de 17 m³ en moyenne par foyer (soit 1 287 bains évités) où les familles Olaizola (-30,84 %), Duhau (-32,20 %) et Jarrie (-38,39 %) sont également récompensées.
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Les sapeurs-pompiers sont intervenus, mardi 12 avril, après un choc frontal, sur la D918, à hauteur d’Itxassou. © Crédit photo : AFP
Un choc frontal a eu lieu, mardi 12 avril, peu après 17 heures, sur la D918, à hauteur d’Itxassou. Sur les cinq passagers, trois ont été blessés
Deux véhicules sont entrés en collision dans un choc frontal, mardi 12 avril, peu après 17 heures, sur la D918, à hauteur d’Itxassou.
Trois blessés
À l’arrivée des secours, les cinq passagers étaient parvenus à sortir seuls du véhicule. Trois d’entre eux ont été blessés et transportés vers la clinique Belharra, à Bayonne.
sudouest.fr

Baptiste Ducassou a survolé la finale, ce dimanche, à Hasparren, où il a coiffé sa sixième boïna. Décédé en décembre dernier, son mentor Pampi Laduche aurait apprécié. © Crédit photo : Nicolas Mollo
Impérial face à un Mathieu Ospital sans solutions, Baptiste Ducassou a coiffé sa sixième boïna, dimanche après-midi, au Berria (40-11). Il rejoint au palmarès Agusti Waltary et Manu Martiarena
Le championnat fédéral main nue Élite pro a consacré son champion, dimanche après-midi, dans la cité des chênes, au trinquet Berria.
Ultra-dominateur face à un Mathieu Ospital à la peine, Baptiste Ducassou a remporté son sixième titre fédéral en individuel (40-11). Il est désormais en mesure de battre le record qu’il partage avec le Cubain Agusti Waltary et Manu Martiarena, lesquels ne sont plus en activité.
Hormis lors de l’entame où il a fait illusion, Mathieu Ospital n’a pas été en mesure de suivre le rythme imposé par le pilotari d’Itxassou (4-4, 8-6). Baptiste Ducassou a, comme à son habitude, construit son succès à l’aide d’engagements précis, tendus à gauche (13 réalisations) et d’une grande variété de jeu (17-8, 20-11, 40-11).
20 points de rang
Usant de frappes sèches le long de la planche, il a contraint son rival trop vite résigné à la défensive. En fin tacticien, le tenant du titre a aligné en alternance les pans coupés (6 au total), les dégagements au fond de la kantxa et les filets directs ou après le rebond. Il a conclu à sa main une partie dominée de bout en bout, via une incroyable série gagnante de 20 ttantto (points) de rang.
Une rencontre sans suspense de 52 minutes, qui a laissé les pelotazale, alléchés par l’affiche, sur leur faim. « Mathieu a un jeu porté vers l’attaque ; aussi, l’objectif était de mettre d’emblée beaucoup de rythme en jouant vers le 3e filet. Une fois que j’ai pris quelques points d’avance, j’ai évolué en confiance, j’ai bien buté aussi. Je suis évidemment très heureux de ma victoire, mais j’ai aussi une pensée pour Mathieu qui doit être déçu, car avant d’être un adversaire, c’est avant tout un ami », livrait le sextuple champion de France à l’issue de la confrontation.
Défait pour sa quatrième participation en finale, Mathieu Ospital ne cachait pas sa déception : « Aujourd’hui, j’étais sans solution, Baptiste était costaud de partout ».
Les jeunes à l’honneur
Après cette finale à sens unique, changement de décor ce lundi, à Saint-Jean-Pied-de-Port, au Garat (à 16 heures, lever de rideau : Niang-Guichandut contre Elgar-Iphar). Un trinquet traditionnel qui sera le théâtre de la finale du groupe B entre Jon Saint-Paul et Mickaël Darmendrail. Un choc inédit qui opposera deux jeunes talents.
Pour sa première saison en Élite pro, Jon Saint-Paul, formé à Lau Herri, poursuit sa progression. Âgé de 23 ans, le dépositaire du poste d’arrière a depuis son doublé (par équipes et tête à tête) en amateurs, gagné en maturité : « Après ma défaite face à Bixente Larralde, je me suis accroché pour atteindre un nouvel objectif : la finale du groupe B. Face à Mickaël qui finit bien les points, il faudra que je sois en capacité de le garder loin du mur. »
Répertorié parmi les outsiders du groupe A, Mickaël Darmendrail 25 ans, a dû aussi revoir ses plans. « Forcément déçu de mon début de championnat, j’ai à cœur de rebondir et de boucler la compétition sur la plus haute marche du podium. Le but est de mettre beaucoup d’intensité et d’accélérer le jeu à la moindre occasion. »
Le décor est planté, la partie s’annonce spectaculaire.
Andde Bello
sudouest.fr
Sébastien Magis est venu présenter 30 chevaux destinés aux loisirs. © Crédit photo : M. B.
La traditionnelle foire aux équidés s’est déroulée, samedi 29 janvier, au fronton d’Espelette, avec moins de pottok que les années passées.
Le froid piquant n’a pas découragé les éleveurs et marchands, présents ce samedi 29 janvier au fronton d’Espelette pour la foire aux pottok. Des éleveurs venus montrer leurs équins, ânes, chevaux lourds et pottok. Ces derniers se font toutefois rares sur les foires, tout comme les shetlands, le cheptel ayant déjà été vendu aux centres équestres dans l’année. Aussitôt proposés à la vente sur les réseaux sociaux et Internet, aussitôt partis pour une nouvelle vie chez des particuliers ou des écoles d’équitation.
Ainsi, la famille Etchegaray, d’Espelette, spécialisée dans le pottok, n’a pas une seule tête à proposer cette année à la foire. Édouard Mericq, négociant, vient chaque année de Toulouse pour vendre ses bêtes. Cette fois, il n’a pu amener que six poulains shetlands. « Les shetlands se revendent bien, il faut qu’ils soient prêts pour être bien travaillés en centres équestres », précise-t-il.
“En train de vider l’Espagne”
Sébastien Magis, fils et petit-fils d’éleveur de pottok à Itxassou, a choisi une voie différente de ses aïeuls. Lui, gère une structure équestre à Saint-Martin-de-Seignanx depuis 2008. Il est également marchand, en plus de la pension de chevaux. « Notre spécialité, c’est le concours de sauts d’obstacles. La semaine dernière, nous étions encore en Espagne pour concourir avec les meilleurs mondiaux. J’en profite pour sélectionner des chevaux afin de les vendre ensuite. On est en train de vider l’Espagne tellement il y a de la demande », remarque-t-il.
Une forte demande et peu d’offres en France, car l’élevage coûte cher. Il a amené ce samedi 30 spécimens, âgés de 3 à 12 ans, majoritairement ibériques, montés et débourrés. Pour lui, la foire, c’est l’occasion de venir rencontrer les professionnels, mais il refuse de vendre pour le commerce de viande. « Mes tarifs sont au-dessus pour éviter ce marché. Tout à l’heure encore, j’ai refusé une vente. À la maison, j’avais un cheval qui avait un problème respiratoire, j’ai proposé de le donner contre bons soins », souffle Sébastien Magis.
Mathilde Bauthier
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L’Itsasuar Baptiste Ducassou, ici dans son fief labourdin, se sent « beaucoup plus serein » depuis quelques mois. © Crédit photo : Émilie Drouinaud
La vie sans Pampi Laduche, le recours à une préparatrice mentale, le record de Waltary et Martiarena : alors que s’ouvre la phase finale du championnat de France de main nue individuelle, Baptiste Ducassou se confie
Vous sortez d’une 6e victoire lors du Super Prestige de Saint-Jean-Pied-de-Port, la première sans votre mentor Pampi Laduche, décédé juste avant le début de l’épreuve. Comment l’avez-vous vécue ?
Ce titre a une saveur spéciale. Je ne savais pas trop comment j’allais aborder la compétition, surtout sur le plan émotionnel. Physiquement et techniquement, je me sentais en confiance. J’avais commencé à la préparer un peu seul, de mon côté. Ces six derniers mois, on passait moins de temps avec Pampi sur la kantxa. Il était malade, donc pas forcément disponible et avec l’énergie nécessaire pour venir. Mais je pouvais toujours l’appeler pour des conseils. Je me suis concentré sur mon jeu et ça a bien fonctionné. Il était quand même un peu là, dans le sens où je m’imaginais ce qu’il me dirait à certains moments. On se connaît bien, quand on fait une bêtise, qu’on a des choses à rectifier, on sait ce qu’on a à faire. Mais ça fait du bien de se l’entendre dire par une personne extérieure. Je simulais sa voix et je me disais : « Tiens, là, il m’aurait dit ça, ressaisis-toi, repars sur ça. »
À 30 ans, vous apprenait-il encore des choses ?
Il m’en apprenait moins, forcément. Au bout de dix ans (NDLR : de collaboration), les choses se répètent. Mais dans les sports individuels, ce n’est pas toujours le calme plat. On est parfois dans des moments d’apothéose, où on a l’impression de marcher sur l’eau, que rien ne peut nous arrêter. À d’autres moments, on perd confiance, on balbutie notre jeu. Pampi était un repère, un appui. Je pouvais aller le voir, on discutait, il me parlait de son expérience, de la façon dont il pensait que je devais appréhender les choses. Maintenant, il va falloir que je fasse sans. Ça va me faire grandir, je vais être obligé de voler de mes propres ailes. Il m’a donné suffisamment d’armes pour. Peut-être que ça va faire de moi un joueur nouveau, avec une autre façon d’aborder les événements et les petits pépins qui peuvent se présenter. Je n’ai pas encore envisagé de trouver quelqu’un qui prendrait sa place.
Que vous a-t-il apporté de plus important ?
Techniquement, il m’a fait un peu changer ma façon de frapper. Comme un golfeur qui change de chip ou de swing. Il m’a fait monter un peu plus haut l’épaule, donner plus de lift à la pelote, de sorte qu’elle ait un effet rentrant vers le filet. Ça m’a énormément apporté dans mon jeu de tête à tête. Il y a aussi les pansements. Avant, je jouais avec des tacos plutôt fins, j’aimais beaucoup avoir du toucher. Sauf que ça expose à plus de blessures. Il m’a fait jouer avec des pansements plus gros en me persuadant que je m’y adapterais, même si ça changerait des choses au niveau des sensations. Aujourd’hui, je suis incapable de jouer avec les tacos d’avant. Et je me blesse beaucoup moins.
Il est parti alors que vous semblez au sommet de votre carrière. Le vivez-vous aussi ainsi ?
C’est vrai que je me sens très bien en ce moment. Est-ce que c’est le sommet de ma carrière ? Je ne sais pas. Les résultats en deux à deux n’ont pas été exceptionnels en 2021, même s’ils dépendent de beaucoup de choses, des confrontations, des compositions d’équipes, dans lesquelles on n’est pas partie prenante. Mais c’est sûr qu’en tête à tête, ça fait un ou deux ans que je me sens vraiment bien, en confiance, physiquement assez fort, mentalement avec plus de calme, plus de ressources. Oui, je suis peut-être au sommet de ma carrière. Si c’est le cas, j’espère que ça va durer (rires)
Qu’est-ce qui vous fait rêver désormais ? Rejoindre Manu Martiarena et Agusti Waltary dans le gotha des pilotari à avoir remporté six titres de champion de France en tête à tête (il en est à cinq) ?
Ça, ce n’est pas un moteur. Ce sont bien sûr des jalons que j’ai dans un coin de ma tête. Beaucoup de gens m’en parlent, je ne peux pas ne pas y penser et c’est une source de motivation quand même. Mais je ne fonctionne pas trop comme ça, avec un objectif précis pour me booster. Mon objectif global dans l’année, c’est d’être performant en tête à tête, une discipline que j’adore. J’aime me sentir bien et fort dans cette période de l’année et je me dis que si c’est le cas, il n’y a pas de raisons que ça ne fonctionne pas. Et si ça ne fonctionne pas, c’est que l’autre sera plus fort que moi et il n’y a pas de regret. Donc ce record, ce n’est pas ce qui me fait lever. En revanche, j’ai une âme de compétiteur depuis toujours, c’est valable que je sois en blanc, à l’entraînement ou dans des jeux. C’est ça qui me fait avancer, le besoin de me confronter aux autres et de marquer mon territoire.
Quels sont vos principaux adversaires sur la route de ce 6e titre ?
Il y a trois adversaires au-dessus de la mêlée. On se partage les titres entre nous depuis quelques années. Peio Larralde, évidemment. Mathieu Ospital : il a montré un super niveau de jeu tout au long du Super Prestige. Et Luis Sanchez, qui fait figure d’épouvantail. Lui, il sort des cadres. Il a des aptitudes physiques et de vitesse de pelote hors du commun. Il est jeune, il va progresser encore. Quand on parle de source de motivation, voir un jeune comme ça qui arrive et qui est fort, ça me donne envie de rester au plus haut niveau et de m’y confronter. C’est ce genre de défi qui m’anime (NDLR : Luis Sanchez est finalement forfait pour un problème au doigt).
« Il ne faut surtout pas dénigrer les adversaires. Mais ce qui est vrai, c’est que je peux être mon propre adversaire de temps en temps »
Vous avez remporté le Super Prestige en prenant l’ascendant physique sur la fin. L’endurance est-elle devenue votre point fort ?
La condition physique, on l’a tous. On est tous prêts à faire des longs rallyes, des échanges. Si on faisait des séries de 400 m, je ne serais peut-être pas le meilleur. Mon gabarit ne me le permet pas. Mais là où je suis avantagé - et je le travaille beaucoup - c’est la résistance. Dans ma capacité à taper fort et à me déplacer longtemps. Je n’ai pas trop de baisses de régime. Comparé à Sanchez ou Larralde, je suis un moteur diesel. Eux sont capables, sur dix points, d’être beaucoup plus performants, plus explosifs, d’aller sur des niveaux de cardio que je ne peux pas atteindre. En revanche, je suis capable de durer longtemps, de 0 à 40 points. Souvent à partir de 25, là où les autres baissent, j’arrive à garder le même rythme et c’est ça que j’essaie d’entretenir.
Il y a aussi le but, dont vous avez fait une arme redoutable.
Avant, il y avait beaucoup moins de bons buteurs. Souvent, les arrières (dont il fait partie) étaient plus performants que les avants en tête à tête, de par notre capacité physique à durer longtemps. Le jeu a un peu changé. Les avants ont été capables, notamment Peio Larralde – Waltary aussi, mais lui, c’était un phénomène, c’était un peu différent – d’écourter l’échange en butant très bien et en allant chercher le point rapidement. Il a gagné des titres comme ça, en perturbant le jeu. Et moi, je me suis rendu compte que si je voulais être bon longtemps, il fallait que je sois très performant au but. Je le travaille tout le temps. Avant, j’étais plus puissant, je me basais plus sur l’impact. Avec l’âge, on perd un peu d’intensité de frappe. En revanche, je suis plus précis et davantage dans la variation, pour perturber mon adversaire. Cette année, ça a l’air de bien fonctionner.
Le principal adversaire de Baptiste Ducassou, n’est-ce pas Baptiste Ducassou lui-même ?
Il ne faut surtout pas dénigrer les adversaires. J’ai une culture de mon sport : quatre joueurs de ce niveau-là en même temps, je ne suis pas sûr qu’il y en ait eu beaucoup. Ils sont très forts. Mais ce qui est vrai, c’est que je peux être mon propre adversaire de temps en temps. Jusqu’à présent, ça pouvait m’arriver de sortir des parties, de m’agacer assez facilement. J’y travaille beaucoup, notamment depuis 2021. L’année dernière, à peu près à cette période, j’avais eu un passage à vide de confiance. J’ai décidé de me prendre en main, de voir quelqu’un, une sophrologue. La préparation mentale se démocratise chez les sportifs. Avant, ça pouvait être considéré comme une faiblesse, alors que ça peut être une force. J’ai décidé de l’envisager comme ça et cette fin d’année, je me trouve beaucoup plus serein, moins perturbé par des erreurs ou des faits de jeu.
« En deux à deux, on ne gagne pas seul. J’ai envie d’être un coéquipier meilleur, plus appréciable et apprécié de mes avants. »
Vous n’avez jamais remporté le championnat par équipes, est-ce un objectif d’ici la fin de votre carrière ?
Totalement. C’est quelque chose qui me tient à coeur. Je me dis que si ça doit arriver, ça viendra. Je ne me mets pas trop de pression par rapport à ça. J’ai montré en tête à tête que j’étais un pilotari de bon niveau, je pense aussi être un bon joueur de deux à deux à l’arrière. C’est vrai que pour le moment, ça ne m’a pas souri, j’ai eu des occasions, j’ai fait quatre ou cinq finales, je les ai toujours perdues. J’espère que j’aurai ce titre un jour, ça montre qu’on est très complet.
Agusti Waltary a dit il y a quelques mois qu’il était difficile de jouer avec vous. Comment l’avez-vous pris ?
Je ne l’ai pas pris mal. Avec Waltary, on se pratique, on s’est longtemps entraîné ensemble, je sais qu’il aime bien la punchline. Là, il avait envoyé un peu. On s’en est expliqué, ça a été très bien. Dans ce qu’il dit, il y a un fond de vérité. Je connais mes défauts. Je suis très très perfectionniste, d’une exigence folle avec moi-même d’abord, et au final avec mes coéquipiers. Ça m’a porté défaut. Dans le deux à deux, il faut savoir comprendre la psychologie de son coéquipier pour en tirer le meilleur. De temps en temps, notamment dans les moments de pression où on perd notre lucidité, je reviens à mon exigence, je veux l’imposer à l’autre et ça ne marche pas. J’en ai pris conscience depuis deux ou trois ans. Quand on est jeune, on du mal à comprendre tout ça. Je le digère mieux. Maintenant, il faut que je sois meilleur dans la psychologie pendant la partie et ça, c’est encore autre chose. Le niveau d’émotion et d’adrénaline est tellement élevé au milieu du jeu que ce n’est pas toujours simple de se contrôler. Mais ça fait partie des choses que je dois travailler si je veux un jour remporter ce championnat. En deux à deux, on ne gagne pas seul. Et puis, même si je connais mes défauts, ça ne fait jamais plaisir à entendre. J’ai envie d’être un coéquipier meilleur, plus appréciable et apprécié de mes avants.
Pierre Mailharin
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La victoire a été chargée d’émotion pour l’Itsasuar, qui a pensé à son mentor, Pampi Laduche, décédé le 30 novembre dernier. © Crédit photo : Bertrand Lapègue
Baptiste Ducassou a remporté son sixième titre du Super Prestige ce dimanche après-midi au trinquet Garat de Saint-Jean-Pied-de-Port, en s’imposant face à Mathieu Ospital (40-35). Il assoit encore davantage son record de victoires dans l’épreuve garaztare
La 28e édition du Super Prestige s’est clôturée, ce dimanche 9 janvier, au trinquet Garat de Saint-Jean-Pied-de-Port, sur une finale de haut vol, devant un public venu en nombre pour soutenir les pilotari. À l’affiche : Baptiste Ducassou contre Mathieu Ospital.
Les deux hommes ne s’étaient pas retrouvés l’un contre l’autre en finale du Super Prestige depuis 2018. À l’époque, c’est Baptiste Ducassou qui s’était largement imposé 40-22.
Cette fois, Mathieu Ospital est venu plus conquérant que jamais, avec l’espoir de décrocher son premier titre, à Saint-Jean-Pied-de-Port. Invaincu dans cette édition jusqu’à la finale, le joueur d’Urepel a battu Luis Sanchez et Ximun Lambert en poule, puis Peio Larralde, non moins que le tenant du titre, en demi-finale. Même parcours du côté de Baptiste Ducassou qui arrivait invaincu pour cette ultime partie.
« Je me suis accroché à l’idée de rentrer dans un combat avec lui. Je pense que j’ai été plus fort que lui sur le domaine physique mais il m’a tout de même donné du fil à retordre pendant 25 points »
Dès les premiers points, les deux hommes se sont rendus coup pour coup (1-1 ; 4-4 ; 5-5 ; 6-6) et c’est Mathieu Ospital qui, le premier, a commencé à creuser l’écart (13-6). Efficace au but, à gauche le long du filet, il a marqué quelques points facilement. Dans le jeu aussi, il dominait un Baptiste Ducassou pas à 100 % en début de rencontre. « J’ai un petit peu douté au début de la partie, je ne me sentais pas serein, j’étais un peu tendu et j’avais du mal à libérer mes coups. Lui, au contraire, il était hyper précis, dès qu’il avait une demi-opportunité, c’était tout dedans. En tête-à-tête, quand il y a tout qui rentre, il n’y a rien à faire », explique Baptiste Ducassou.
Ospital a fini par craquer
L’Itsasuar n’a rien lâché, a fait le dos rond le temps de quelques points et s’est lancé dans un véritable combat physique, un jeu de patience contre Mathieu Ospital. « Je me suis accroché à l’idée de rentrer dans un combat avec lui. Je pense que j’ai été plus fort que lui sur le domaine physique mais il m’a tout de même donné du fil à retordre pendant 25 points. »
Mathieu Ospital est resté devant au score jusqu’à la mi-partie (18-13) et a ensuite fait jeu égal (18-18 ; 20-20) jusqu'à 25 partout. « On fait à peu près jeu égal et là Baptiste a été plus costaud que moi. J’ai commencé à baisser un peu physiquement et il prend l’avantage au score. Après, j’arrive à faire quelques points quand même mais je pense que j’ai manqué de puissance pour le tenir toute la partie. Quand il prend dix points d’avance, c’est trop tard pour revenir », souligne Mathieu Ospital.
« J’ai donné tout ce que j’avais, j’arrive à faire 35 points aujourd’hui. Je suis quand même content d’être arrivé là et de ce que j’ai fait dans ce tournoi »
En effet, dans la dernière dizaine, Baptiste Ducassou a montré une fois de plus qu’il domine le tête-à-tête. Buts gagnants (six au total contre dix pour Ospital), amortie, pumpa xare, pan coupé… Il a utilisé toute la palette du joueur de tête-à-tête pour prendre le large (37-28).
Mathieu Ospital a fait durer le suspense et est revenu à 37-35. Baptiste Ducassou n’a pas tremblé et s’est finalement imposé 40-35 en un peu plus d’une heure et demie, privant Mathieu Ospital de son premier titre. Ce dernier reste tout de même satisfait de son parcours dans cette 28e édition : « J’ai donné tout ce que j’avais, j’arrive à faire 35 points aujourd’hui. Je suis quand même content d’être arrivé là et de ce que j’ai fait dans ce tournoi. Le fait de battre Luis Sanchez, ensuite de confirmer face à Ximun Lambert, puis Peio Larralde en demi-finale, je suis très content. Il me manque toujours ce titre à aller chercher et j’espère qu’un jour ça viendra. »
L’hommage à Pampi Laduche
Sur le podium, Baptiste Ducassou savourait son sixième sacre, un peu particulier pour lui. Il a eu une pensée émue pour son mentor, Pampi Laduche, décédé le 30 novembre dernier. « Comment ne pas penser à lui. Mathieu et moi on a passé des heures ici, dans ce trinquet, avec Pampi à préparer le Super Prestige. Il n’y a pas beaucoup d’autres lieux qui témoignent de notre histoire. On a passé de grands moments ici. Se retrouver cette année ici en finale l’un contre l’autre c’est un super clin d’œil », lançait-il après sa victoire.
Grâce à ce sixième sacre, Baptiste Ducassou marque un peu plus l’histoire de la pelote à main nue en étant le plus titré, à Saint-Jean-Pied-de-Port (2012, 2014, 2017, 2018, 2019,2021). Il va maintenant se concentrer sur le championnat de France Élite pro individuel qui débutera le 28 janvier, au trinquet Berria, pour lui. Triple tenant du titre, il pourrait égaler le record de Waltary Agusti et Manu Martiarena qui détiennent six titres chacun.
Charlotte Dalmont
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