La chanteuse basque Juliette Magnevasoa célèbre l’harmonie humaine dans son nouvel EP (mini-album)
Expiré« Trouver sa place permet à l’autre d’en avoir une » : la chanteuse basque Juliette Magnevasoa célèbre l’harmonie humaine dans son nouvel EP (mini-album)

En plus du guitare-voix, Juliette Magnevasoa a intégré de nouveaux instruments à cordes dans cet EP. © Crédit photo : Emmy Lou Maï
Un an après son premier EP, l’artiste Juliette Magnevasoa sera de retour jeudi 29 octobre avec « Le cœur au bout des doigts ». Un recueil de titres pour exprimer le « besoin criant » de témoigner son amour à ceux qui l’entourent
Juliette Magnevasoa s’est fait connaître grâce à son duo basque « Pauline & Juliette », avec lequel elle a donné plus de 300 concerts. Depuis la séparation du groupe en 2022, l’artiste — qui a grandi à Itxassou après sa naissance à Madagascar — s’est lancée en solo avec un premier EP intitulé « Guitare nouée sur corps étanche », en 2025, suivi de « Les Routines Vol 1 » et « Les Routines Vol 2 (l’éveil) ». « Sud Ouest » l’a rencontrée à l’occasion de la sortie de sa nouvelle composition, « Le cœur au bout des doigts » (1).
Elles ont à peine 23 et 19 ans et leur duo cartonne. Le premier album des deux copines vient de sortir. Il s'intitule "Hegaldaka".
À quoi peuvent s’attendre les auditeurs pour votre nouvel EP ?
« Le cœur au bout des doigts » parle du lien. Le lien qui parfois est un abri, une attache, une accroche. L’idée, c’est ce besoin criant de témoigner mon amour aux personnes qui m’entourent. Cette démarche donne une place ; elle permet non seulement d’en trouver une, mais permet également à l’autre d’en avoir une. Elle permet d’être ensemble, tout simplement.
Qu’y a-t-il de nouveau par rapport au précédent ?
On retrouve le guitare-voix, qui est le socle de ma musique. Mais ce qu’il y a de différent et de nouveau, ce sont les cordes. Il y a un violon, un violoncelle et une basse.
L’un de vos nouveaux titres, sorti le 9 octobre, est intitulé « Agnès ». Qui est-ce ?
Agnès est une amie que j’ai rencontrée il y a quelques années. C’est quelqu’un qui m’a un petit peu renversée. Je voulais écrire sur des sentiments qui prennent une place et une forme dont j’ignorais l’exactitude, il faut le dire. Mais c’est une forme d’amour qui prend sa place avec le temps. Parce que le temps est un bon allié, pour comprendre ce qu’il en est.

« Agnès est une amie que j’ai rencontrée il y a quelques années. C’est quelqu’un qui m’a un petit peu renversée. Je voulais écrire sur des sentiments qui prennent une place et une forme dont j’ignorais l’exactitude. »
Dans « J’ai tant rêvé d’être blanche », vous dîtes rêver de « n’avoir à garder sous la manche aucun papier, aucune archive ». Expliquez-nous ?
En France, quand on est une personne non-blanche, on est plus susceptible d’être soumise à des contrôles au faciès. Au-delà de ça, je parle de la charge raciale. Pour ma part, à chaque fois que j’arrive dans un espace où il n’y a que des personnes blanches, eh bien, inconsciemment ou consciemment, je repère quelle est la personne qui pourrait être mon alliée s’il arrivait quelque chose. C’est précisément cela que l’on appelle la charge raciale.
Est-ce que cette situation est plus difficile en grandissant au Pays basque qu’ailleurs ?
D’abord, j’ai compris que j’avais la peau noire le jour où on me l’a dit. Ça a toujours été un sujet pour les autres, pas pour moi. Et même quand c’est fait avec bienveillance —parce que ça a rarement été malveillant — le fait d’être constamment renvoyée à sa couleur de peau met dans une posture d’exil perpétuel. On n’est pas vraiment chez soi. C’est qu’on vient d’ailleurs et qu’on n’est pas tout à fait d’ici. Pour trouver sa place, ce n’est pas évident.
Vous êtes actuellement en tournée pour votre seule en scène. Comment vivez-vous cette période ?
C’est vraiment extraordinaire d’aller à la rencontre des gens comme ça. J’ai une chance inouïe. Les gens sont au rendez-vous, les salles sont pleines. C’est absolument merveilleux !
(1) Sortie de « Le cœur au bout des doigts » (label Les Rythmes Ruban) le 29 octobre. 7 titres, 26 minutes.
Chloé Dasquet
sudouest.fr
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